Obtenir une réduction, ce n’est pas qu’une question de flair ou de culot. C’est la satisfaction discrète, presque jouissive, de voir un chiffre baisser simplement parce qu’on a su poser les bons mots, au bon moment. Qu’il s’agisse d’un canapé, d’un ordinateur ou d’une veste de marque, cette compétence relève d’un mélange de préparation minutieuse et d’assurance tranquille.
Face à un vendeur, l’attitude fait toute la différence. On ne débarque pas les mains dans les poches, on prend la peine de se renseigner : modèles concurrents, prix du marché, points faibles du produit. Montrer qu’on connaît le terrain, c’est déjà créer un rapport de force. Ajoutez à cela une politesse affirmée et la capacité à dire non sans trembler, et vous mettez toutes les chances de votre côté pour repartir avec un rabais. Rares sont les vendeurs qui n’acceptent pas un geste commercial quand ils sentent qu’ils ont affaire à un acheteur averti.
Évaluer le contexte avant de demander une remise
Avant d’entrer dans le vif de la négociation, un tour d’horizon s’impose. Avec l’essor d’Internet et l’omniprésence du commerce en ligne, la transparence des prix est devenue la norme : comparer les tarifs n’a jamais été aussi simple. Cette évolution a bouleversé les règles et contraint les commerçants à s’adapter, souvent en laissant plus de place à la négociation.
Analyse des prix
Le fameux prix plancher, fixé par le vendeur, reste toujours au-dessus du coût de revient. Pour le calculer, on additionne le prix des matières premières, les charges de production et la marge nécessaire pour ne pas vendre à perte. Savoir situer ce seuil, c’est comprendre jusqu’où la discussion peut aller. Un acheteur bien informé s’en rapproche sans jamais le franchir, et c’est là que la négociation devient intéressante.
Concurrence et conditions de vente
Le prix d’ouverture, lui, varie selon la pression des concurrents. Les modalités de vente, parfois inscrites en tout petit sur le contrat, recèlent souvent des marges de manœuvre inattendues. Examinez la mercuriale convenue avec les fournisseurs ou la part des matières premières (parfois 30 % du prix final) pour dégager des leviers. Voici quelques points à garder en tête pour mieux cerner cette mécanique :
- La concurrence dicte souvent le prix d’ouverture, qui s’aligne sur le marché.
- Le prix plancher ne doit jamais être franchi sous peine de vendre à perte.
- Les conditions de vente peuvent contenir des clauses négociables ou des marges sur lesquelles jouer.
Relations clients-fournisseurs
Dans bien des secteurs, les fournisseurs fixent les règles du jeu. Les petites entreprises, par exemple, achètent chez des grossistes qui imposent des mercuriales : ces barèmes servent de référence et encadrent les discussions. Comprendre ces interactions aide à saisir où se situent les marges cachées et à détecter les points de bascule lors de la négociation.
| Élément | Description |
|---|---|
| Prix limite | Fixé par le vendeur, il correspond au seuil minimal que l’on peut atteindre sans perdre d’argent |
| Prix d’ouverture | Déterminé après le prix limite, souvent influencé par les tarifs concurrents |
| Matières premières | Peuvent représenter jusqu’à 30 % du prix de vente final |
Prendre le temps d’analyser ces aspects, c’est se donner les moyens d’argumenter une demande de réduction qui tienne la route et ne soit pas balayée d’un revers de main.
Préparer des arguments solides
La négociation ne se résume pas à réclamer une remise : il faut savoir convaincre. Le commercial, pour sa part, doit être le premier défenseur de la valeur de ce qu’il propose. Cela suppose de connaître le produit sur le bout des doigts, d’identifier ce qui le distingue et d’être capable d’expliquer en quoi il répond mieux que les autres aux besoins du client.
Construire un argumentaire et un contre-argumentaire
Un bon vendeur ne vient jamais les mains vides. Il prépare un argumentaire béton, en soulignant les points forts de son offre, mais aussi un contre-argumentaire pour parer aux objections qui ne manqueront pas de surgir. Quand un client hésite sur le prix, il faut pouvoir répondre du tac au tac, lever les doutes et proposer des alternatives concrètes. Pour structurer cette démarche, il est utile de distinguer :
- L’argumentaire, qui met en avant les atouts et bénéfices concrets pour l’acheteur.
- Le contre-argumentaire, qui anticipe les réserves courantes et prépare des réponses pertinentes.
Évaluer la valeur de l’offre
Dans toute négociation, il faut mettre la valeur au centre de la table. Chiffrez autant que possible les avantages : économies, gains de temps, amélioration des performances… Plus le client perçoit l’intérêt qu’il a à conclure l’affaire, plus la discussion sur le montant de la remise prend du relief, et plus elle a des chances d’aboutir.
Préparer l’entretien de vente
Impossible de réussir sans préparation. Avant le rendez-vous, il s’agit d’identifier les attentes précises du client, d’étudier le marché et de se renseigner sur ce que proposent les concurrents. Cette anticipation permet de conduire l’échange avec pertinence et de montrer que l’offre n’a rien du hasard mais répond à une analyse sérieuse.
Une préparation rigoureuse, associée à une présentation limpide des avantages, fait souvent la différence au moment de négocier une remise.
Utiliser des techniques de négociation efficaces
Évaluer le contexte avant de demander une remise
Avant toute négociation, prendre le temps de jauger la situation est indispensable. Grâce à la généralisation de l’e-commerce, les consommateurs peuvent identifier les tarifs pratiqués en quelques clics. Pour le vendeur, cela signifie qu’il doit connaître sur le bout des doigts son prix plancher et sa marge de négociation. Rappelons qu’on ne descend jamais en dessous de ce seuil sans mettre en péril la rentabilité de l’affaire.
Autre point à prendre en compte : les conditions de vente, souvent négligées, et les fluctuations du coût des matières premières. Un panorama complet du marché permet d’anticiper les actions de la concurrence et d’affiner sa stratégie.
Adopter des techniques de négociation éprouvées
Pour maximiser ses chances, certaines méthodes se distinguent. La BATNA (Best Alternative to a Negotiated Agreement, ou MeSoRe en français) consiste à préparer la meilleure solution de repli si la négociation échoue. Evelyne Platnic-Cohen, spécialiste de la négociation BtoB, recommande aussi de penser aux contreparties : proposer une alternative peut débloquer des situations tendues. Eric Tiertant et Valérie G rappellent quant à eux qu’il vaut mieux éviter les concessions précipitées, tandis que Fabrice préconise d’expliquer chaque geste commercial pour instaurer une relation durable.
Finaliser l’accord et obtenir la réduction
Une fois les bases posées et les arguments affinés, vient le moment de conclure. Les vendeurs proposent parfois des remises affichées, mais c’est en négociant que l’on obtient les meilleures conditions. Des outils tels que Pennylane ou Divalto Infinity facilitent la gestion des factures, le suivi des commandes et la maîtrise des stocks. Ces solutions offrent aux vendeurs une vue d’ensemble sur leurs marges et leur donnent une plus grande aisance pour accorder une réduction supplémentaire. Jean-Pascal Mollet, dans son livre « Achetez-moi ! Comment TOUT vendre et SE vendre », insiste sur l’intérêt de bien connaître son arsenal de techniques pour réussir chaque négociation.
Finaliser l’accord et obtenir la réduction
Pour parvenir à un accord avantageux, il ne suffit pas de demander une remise : il faut aussi savoir s’appuyer sur les outils adaptés. L’affichage des remises potentielles par le vendeur n’est souvent qu’un point de départ. À côté, des logiciels comme Pennylane ou Divalto Infinity permettent de piloter les factures, de surveiller les stocks et de suivre les commandes, ce qui donne une vision claire des marges de négociation restantes.
La maîtrise de ces instruments, associée à une connaissance fine du produit ou du service, joue en faveur du vendeur lorsqu’il s’agit de démontrer la valeur de l’offre. Et si la discussion bloque, mieux vaut toujours prévoir une alternative de secours, la fameuse BATNA chère à Evelyne Platnic-Cohen, pour ne jamais se retrouver acculé.
La transparence est également de mise. Expliquer les concessions faites tout au long de la négociation, comme le recommandent Eric Tiertant et Valérie G, participe à instaurer un climat de confiance. Une négociation bien menée ne se limite pas à une réduction immédiate : elle jette les bases d’une relation commerciale solide pour l’avenir.
La négociation, finalement, n’est pas un simple jeu de chiffres. C’est un équilibre subtil entre information, préparation et capacité à se projeter dans la suite de la relation. Faire baisser le prix, c’est bien. Mais savoir pourquoi, comment, et pour qui on le fait, c’est tout l’art de la négociation gagnante.


